OR
LA LOI ou droits et obligations des
" inventeurs " et
orpailleurs
Nota :
Ce document na pas la prétention
dêtre le reflet ou une
interprétation des lois en vigueur. Il se
veut être uniquement une information
incomplète et ne saurait être pris
comme la référence en la
matière.
La
législation française, dans
le cadre du code civil, appelle
" inventeur " dun trésor
celui qui, le premier, " a trouvé la
chose cachée ". Pour le trésor,
cest Giulio Paolo, jurisconsulte romain
vivant au début du III ème
siècle après Jésus-Christ qui,
le premier, désignait comme tel toute
quantité abandonnée de pécunia
ou dargent, qui na pas de
propriétaire. Cette dénomination
na pas lair de concerner
lorpailleur. Celui-ci, bien quinventeur
du matériau quil
prélève, ne cherche pas de
trésors archéologiques, objets
métalliques ou autres intéressant
lhistoire, la préhistoire, lart
ou larchéologie. Quoi
que !
Lorpailleur
semble être assujetti à aucune
réglementation.
Une
loi de Colbert le protège sur le plan
fiscal.
La
loi française naccorde pas
explicitement au public un droit
daccès en forêt, mais ne
linterdit pas pour autant à la
condition que son exercice nentraîne
aucun dommage.
Lorpaillage
est considéré comme une
activité de loisir, mais cette notion
nest pas considérée par le
législateur qui considère
lextraction de lor comme une
activité minière soumise aux
règles définies par le Code Minier.
La recherche et lexploitation de lor
alluvionnaire sont à rentrer dans le cas des
matières concessibles
(combustibles fossiles et minerais
métalliques).
Dautre
part, deux textes peuvent être
considérés comme les bases
juridiques, il sagit de larticle
R26.3 du code pénal (livre IV) et de
larticle R 331.3 du code
forestier.
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Sous
réserve de ces dispositions, le
propriétaire est donc sensé accepter
ou tolérer la venue du public dans la
forêt dès que celle-ci nest pas
clôturée ou interdite
daccès par des panneaux. Dès
lors que la présence du public est
acceptée ou tolérée par le
propriétaire, la compétence des
maires et des préfets est
entraînée pour prendre toute mesure
garantissant la sécurité, la
tranquillité et la salubrité publique
( art L 131-2 et L 131-13
du Code des Communes). Un aspect important
de cette compétence en matière de
sécurité publique a trait à la
circulation sur la voie forestière. Les
dispositions du Code de la Route sy
appliquent de plein droit.
Il
appartient de préciser que les forêts
domaniales, les forêts des
collectivités publiques et les forêts
particulières sont des
propriétés privées. Elles
bénéficient donc, sur le plan
juridique, dune protection naturelle qui est,
pour tout propriétaire, celle de disposer de
son bien. Pour coordonner la circulation du public,
lONF a donc droit dédicter des
règles en forêt domaniale, par
délégation de lEtat. Pour les
forêts communales, lONF peut conseiller
aux communes den faire de même. Comme
les forêts sont très
fréquentées !
Art.
R 331-1, toute extraction ou
enlèvement non autorisé de pierres,
sable, minerai, terre ou gazon, tourbe,
bruyère, genêts, herbes, feuilles
vertes ou mortes, engrais existant sur le sol des
forêts donne lieu à une amende de 80
à 120F par m3 de matériaux
extraits ou enlevés, sans pouvoir
dépasser une amende totale de
10000F.
Tout
objet immobile, issu naturellement ou non du
foncier, a un propriétaire qui est celui de
ce foncier.
Il
nen est pas de même pour les animaux et
les poissons sauvages.
Lespace
non clôturé nest pas interdit
daccès. Le non-respect des
clôtures et des panneaux dinterdiction
dentrée nentraîne pas de
sanctions pénales, sauf près des
habitations.
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Par
contre, le respect de lenvironnement est
incontournable. Il sagit notamment des
prescriptions de : larticle L
423-3 du Code de lEnvironnement qui
préconise le respect des frayères,
des zones de croissance ou des zones
dalimentation ou de réserve de
nourritures de la faune aquatique et de
larticle L 211-1 du même
code qui prévoit la
préservation des écosystèmes
aquatiques des sites et des zones
humides.
Pour
tous les cours deau, laccord des
propriétaires riverains ainsi quune
autorisation préfectorale devront être
obtenu. Sur les cours deau domaniaux une
autorisation préfectorale et une demande
effectuée à la direction
départementale de lEquipement sont
nécessaires. Elles préciseront les
interdictions éventuelles au titre par
exemple de protection de biotope et les
méthodes de recherche dor
tolérées. (En général,
seuls les moyens traditionnels [pelle,
batée, rampe de lavage en bois,
]
sont autorisés). Cette demande
dautorisation dorpaillage devra
être adressée au moins deux mois avant
le début des prospections. Elle devra
préciser les cours deau qui sont
prévus pour lorpaillage.
Dans
tous les cas, en lit vif ou en lit mort, la
rivière, les placers ou les berges devront
être remis dans leur état initial. Les
engins mécaniques (drague, pelle
mécanique, suceuse mécanique),
produits cyanurés ou mercure sont
strictement interdit sur le territoire
français.
Dans
le cas ou vous rencontrez dautres orpailleurs
utilisant ces techniques vous avez le devoir de
leur interdire accès aux rivières.
Ils dégradent lenvironnement et la
nature, limage de lorpailleur de loisir
et vous prennent le fruit de vos trouvailles
futures.
Respecter
la propriété privée,
éviter la destruction des berges, des arbres
et des plantations ainsi quune bonne entente
avec les pêcheurs et les baigneurs sont les
précautions élémentaires
à prendre pour permettre aux orpailleurs
amateurs dexercer leur activité sans
provoquer la mise en place de règlements
draconiens comme il en existe déjà
dans certains pays européens (Suisse,
Grande-Bretagne, Finlande).
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